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Sénégal
Date
Janvier 2025
Emplacement
Dakar
Je suis arrivée à Dakar pour des raisons professionnelles, et il est essentiel de le préciser : ce voyage m’a laissée avec une frustration douce-amère, celle de n’avoir découvert que la capitale et ses alentours immédiats.
Je n’ai donc pas pu explorer les villages ni les paysages plus reculés du Sénégal, dont on m’avait tant vanté la richesse naturelle et culturelle.
Parler du Sénégal uniquement à travers Dakar est forcément réducteur, et c’est mon principal regret.
Dakar est une ville intense, brute, parfois déroutante, mais profondément vivante.
Fondée sur la presqu’île du Cap-Vert, elle porte encore les traces de son histoire coloniale et demeure aujourd’hui un carrefour majeur de l’Afrique de l’Ouest, à la fois politique, artistique et économique.
Ce qui m’a frappée immédiatement, c’est le contraste permanent.
Dans certains quartiers, la précarité est visible, notamment une population de rue souvent constituée de migrants venus d’autres pays de la sous-région, installés là dans l’espoir d’une vie meilleure.
Dans d’autres zones, la ville dévoile une modernité assumée, des avenues animées, des quartiers résidentiels et une vie nocturne très dynamique.
Dakar est une ville de dualités.
J’ai également été marquée par le coût de la vie, notamment dans les supermarchés.
Des enseignes comme Auchan Sénégal ou d’autres grandes surfaces aux noms familiers affichent parfois des prix équivalents, voire supérieurs à ceux de la France. On y trouve des produits importés, des rayons très occidentalisés, et je me suis souvent demandée comment une partie des habitants pouvait composer un panier de courses dans un tel contexte de vie chère.
L’offre hôtelière, elle, est surprenante : de nombreux établissements sont modernes, atypiques et relativement accessibles, avec des vues superbes et une hospitalité souvent remarquable.
Impossible de ne pas évoquer aussi l’île de Gorée.
L’île de Gorée est accessible en quelques minutes de bateau depuis le port de Dakar. C’est un lieu à la fois paisible et chargé d’histoire, où les ruelles colorées contrastent avec la mémoire profonde qu’elle porte.
À quelques kilomètres de la capitale se trouve un autre paysage marquant : Lac Retba (Lac Rose), souvent appelé le Lac Rose.
Le décor y est presque irréel, entre sel, dunes et étendues d’eau aux reflets changeants. J’y ai fait du quad dans les dunes : une expérience grisante mais très physique, tant le sable fouette le visage et le corps.
Armez-vous de lunettes de soleil extra-larges et d’un foulard épais : c’est indispensable pour affronter la poussière omniprésente et le sable qui fouette le visage tout au long de l’expérience.
Les hôtels et restaurants autour du lac rose offrent une immersion totale dans ce décor désertique, entre simplicité et vue spectaculaire sur les étendues salées.
Un point plus difficile à observer a été la question du bien-être animal. Sans généraliser au pays entier, j’ai été frappée par des scènes de chèvres exposées en plein soleil sur les plages pendant des heures, parfois même des jours, en attendant que leur maître les fasse entrer dans l’eau pour leur bain, chacune à tour de rôle, ou encore d’animaux de trait surchargés, tirant des charrettes bien trop lourdes sous une chaleur écrasante. Sur les marchés, les bêtes sont attachées avec seulement quelques centimètres de corde, ce qui les empêche parfois même de se lever. Des images qui interrogent, même si elles existent malheureusement dans de nombreux autres pays du monde.
Ce qui reste malgré tout, c’est une impression forte : celle d’une ville qui ne laisse jamais indifférente.
À Dakar, les déplacements en taxi font partie intégrante du paysage urbain, mais ils peuvent aussi surprendre. Lever la main pour en arrêter un peut parfois devenir risqué : de nombreux taxis jaunes se disputent les passagers et il n’est pas rare d’en voir plusieurs s’arrêter en même temps, parfois jusqu’à cinq ou six, quitte à se déporter dangereusement pour être les premiers. Certains véhicules sont entièrement personnalisés, avec des enceintes puissantes, des néons fluorescents et des klaxons aux sons insolites. Ce chaos apparent fait partie de l’identité de la ville.
Ce désordre est aussi lié à une économie très négociée : ici, rien n’est vraiment affiché, tout se discute. Pour certains voyageurs, cela devient une force et un jeu ; pour d’autres, cela peut profondément bousculer et remettre en question notre rapport à la valeur et à la consommation.
J’ai aussi adoré me perdre dans le marché artisanal de Soumbédioune, un marché plus petit et plus intime que celui de Sandaga, situé en bord de mer.
J’y ai trouvé des tissus colorés, des vêtements traditionnels, des bijoux et de nombreux objets artisanaux. C’était l’un de mes endroits préférés : un lieu vivant mais plus doux, où l’on prend le temps de regarder, d’échanger et de se laisser porter par les couleurs et les odeurs.
Et malgré ce que j’ai pu observer, Dakar reste une ville culturellement extrêmement riche, rythmée par les concerts, les festivals et une énergie artistique omniprésente.
Ce que je retiens surtout, c’est la chaleur humaine. Les Dakarois sont d’une gentillesse sincère, ouvertes, accueillantes, toujours prêtes à échanger malgré les réalités parfois dures du quotidien.
Dakar est une ville qui bouscule, qui dérange parfois, mais qui fascine profondément. Et si ce voyage m’a appris quelque chose, c’est que je ne comprends jamais vraiment un pays à travers une seule ville, aussi intense soit-elle.





































































































